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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 17:22

 

YVONNE est allée en SARDAIGNE en 2007 et se souvient…

 

LA ROCCIA DELL’ELEFANTE  

 Après CASTELSARDO, nous prenons une route qui  serpente dans les collines.

 Sardaigne 1 Yvonne 6De loin nous voyons notre but : la Roccia dell’Elefante, c'est-à-dire le Rocher de l’Eléphant.

Il y a une énorme  trompe noire qui surgit et nous impressionne.

Elle est en trachyte, cette roche volcanique qui rappelle le passé de l’île.

  

  Sardaigne 1 Yvonne 5

Le rocher est percé de nombreuses grottes, certaines aménagées et taillées à la perfection.

Sardaigne 1 Yvonne 4

Et avec étonnement  nous voyons la même sculpture que sur certaines entrées d’allées couvertes chez nous : les colliers d’une idole ou les cornes d’un taureau !

 

Dans cette nécropole il a été compté 18 sépultures, il  a été trouvé un peu de matériel dont une flèche en obsidienne, les hommes du néolithique en faisaient commerce avec la Corse, l’Italie, l’Espagne et l’Afrique du Nord.

Les archéologues pensent que cette population inhumée était d’époque prénuragique. [Culture nuragique]

 

 

CODDU VECCHIU : LES TOMBEAUX DE GÉANTS

 Sardaigne 1 Yvonne 1

Sardaigne 1 Yvonne 2Dans le Nord de l’île, près d’ARZACHENA, se trouve un des Tombeaux de Géants les plus imposants de l’île. 800 tombeaux ont été recensés. Caractéristiques du IIème millénaire av. J.C, ce sont de grandes sépultures collectives de l’époque nuragique. Leur forme s’apparente à celle des allées couvertes. Elles ont une façade et une stèle centrale avec une ouverture en hublot pour les offrandes. Ces tombeaux ont été tellement pillés qu’il ne subsiste que  peu de renseignements sur la population ensevelie.

Sardaigne 1 Yvonne 0 

Sardaigne 1 Yvonne 3A Coddu Vecchiu la stèle mesure environ 4 mètres de hauteur, il y a un reste de tumulus et plusieurs dalles de couverture sont en place.

Les castelli corses  sont dérivés des  nuraghi sardes et ont été érigés dans le Sud  (il y a 10km entre les deux  îles).

Ces tombeaux de Géants se trouvent dans les environs des villages nuragiques.

 

J’ai eu l’idée d’aller voir ces monuments après avoir suivi les cours passionnants du professeur Jean GUILAINE  au Collège de France.

 

Documentation :

Les castelli de Corse sont-ils de petits nuraghi ? – L. J. Costa, L’ARCHEOLOGUE  N°72, 2004.

 

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 23:00

 

 

 

 CASABLANCA : ANFA, DAR EL-BEIDA

 

 

En apprendre davantage sur l’histoire de Casablanca...

 

    Casablanca-carrière Thomas 09 1200x886.1Sidi Abderrahman Ibn Jilali, personnage très pieux, trouva refuge il y a très longtemps sur le rocher face à l’océan pour mieux s’adonner à la prière. Ses fidèles lui construiront une petite maison pour venir l’écouter sur l’îlot. A sa mort, il y sera enterré dans un mausolée qui attire encore de nos jours particulièrement des femmes désireuses de retrouver la fertilité et calmer leurs angoisses. Ce petit bout de terre est totalement incongru le long de la corniche ultra moderne et branchée de Casablanca ; un petit clin d’œil aux traditions séculaires.

 

Anfa : l’antique Casablanca  

Bien que ses origines soient mal connues, le Casablanca antique est entré dans l’histoire sous le nom de l’un de ses quartiers qui est aujourd’hui le plus moderne et le plus chic.

 

Anfa, peuplée depuis la plus lointaine préhistoire fut très tôt occupée par des pêcheurs berbères. Elle servit au VIIIe siècle av. J.-C probablement d’escale aux Phéniciens vers les îles Purpurines (Essaouira). Les Carthaginois s’y sont également intéressés ainsi que les Romains installés derrière le « limes » de la Maurétanie Tingitane à quelques kilomètres de là. Cependant, les farouches berbères Berghouatta en firent probablement leur royaume jusqu'à l’arrivée de la dynastie Almohade (1130-1269) qui asservit leur domaine la Chaouia en 1188. Le port d’Anfa sera prospère jusqu’au déclin des Mérinides (1258-1359)  qui laissèrent la place libre à une communauté de pirates dont les raids eurent pour cible les côtes Portugaises jusqu’en 1469.

 

     Casablanca-carrière Thomas 04.02 1200x634

 

C’est cette année là que Anfa est entrée dans l’histoire avec l’attaque de Ferdinand de Portugal qui, lassé de ces pillages, rase la ville de fond en comble avec une armada de 50 vaisseaux. En 1515 ses ruines sont réoccupées par les Portugais. La ville est reconstruite et fortifiée, lorsque, en 1755 elle est de nouveau détruite, cette fois par un tremblement de terre.

 

    Casablanca-carrière Thomas 05 1200x475.1

 

 

Dar El-Beida dans le monde moderne

 

    Casablanca-carrière Thomas 08 880x1200.1En 1770, reprise et reconstruite par le sultan Alaouite Mohammed ben Abdallâh (1757-1790) qui la dote d’un port, Anfa est alors appelée « Dar El-Beida » en arabe ou Casablanca en espagnol . C’est à partir de 1781 que la ville va être plus connue sous ce nom grâce aux Espagnols qui s’y affairaient dans le commerce des céréales et de la laine. Ce n’est qu’au XIXe siècle qu’elle deviendra une des plus grandes villes d’Afrique lorsqu’elle décidera, avec l’aide des Français, de se doter d’un grand port moderne. Durant la Seconde Guerre Mondiale elle fut un port stratégique pour la reconquête de l’Afrique et accueillit la Conférence de Casablanca (14 au 24 janvier 1943) qui permit de coordonner l’action des alliés dans leur lutte contre le IIIe Reich. Enfin, le cinéma immortalisera son nom avec le film « Casablanca » qui réunit Humphrey Bogart et Ingrid Bergman.

 

 

 

 

 

 

 

Casablanca : capitale économique du Maroc

 

XXIe siècle : la région du grand Casablanca qui compte actuellement plus de 4 millions d’habitants est la grande porte économique, financière et spirituelle du Maroc.

 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 09:31
Casablanca il y a 1 million d’années
   
    En cette année 2010, le PAAC-Archéologie entreprit un voyage au Maroc sur le thème « Le Maroc de la préhistoire à l’histoire ». Cette découverte nous a conduits dans les villes Saintes de Moulay Idriss et Chefchaouen, dans les cités Impériales de Meknes, Fez et Rabat, et sur les sites archéologiques de Maurétanie Tingitane tels Volubilis, Tamuda, Lixus et Thamusida.
Ensuite, tout le long de la côte Atlantique au départ de Tanger, nous remonterons le temps. Après nous être étonnés sur le curieux rassemblement mégalithique de M’Zora près de Larache, nous rechercherons les très rares sites Atériens (100.000 à 20.000 ans BP) comme El Harhoura à Temara près de Rabat et nous nous émerveillerons devant les riches amas coquilliers de Skhirat à l’embouchure de l’oued Cherrat.
Pour finir notre voyage, direction Casablanca et le Paléolithique ancien. « Pour moi qui suis né à Casablanca, c’est un retour aux sources lorsque gamin nous explorions les anfractuosités sur les hauteurs dAnfa (voir le prochain article) autour de l’aéroport, à quelque distance de la Carrière Thomas ».
 
Casablanca-carrière Thomas 00bis 
 
 
Où nous découvrons la carrière Thomas
La brume épaisse dévoile lentement l’îlot blanc de Sidi Abderrahman, minuscule promontoire rocheux posé sur l’océan, à quelques mètres du rivage. Ce « Mont-Saint-Michel » en réduction est en fait le marabout (tombe) d’un saint homme vénéré à Casablanca.
   
    Abderrahim, notre guide, qui nous attend au pied du mausolée, est un jeune archéologue parmi les plus importants du Maghreb, Conservateur Principal des Sites et Monuments au Maroc, il nous conduit à la « Carrière Thomas » toute proche.
Cette carrière dont les pierres ont été utilisées pour bâtir Casablanca est un site archéologique majeur du continent africain, comparable aux grands sites d’Afrique de l’Est ou du Sud, sites qui ont vu naître Lucy l’Australopithèque, les Homos habilis et Homo ergaster qui furent les premiers à migrer hors d’Afrique ou Homo heidelbergensis, le père de l’homme moderne que nous retrouverons ici sous sa forme africaine : "Homo heidelbergensis rhodesiensis" * .
     
  
  
Face à l’océan
   
Le Maroc, « Finistère » de l’Afrique, a vu depuis des temps immémoriaux arriver, se fixer et disparaître maintes faunes, humanités, peuples ou civilisations. Des paléorivages fossiles en falaise se succèderont au fil des millions d’années au gré des avancées ou reculs de l’océan, des tremblements de terre ou des tsunamis. Des grottes se formeront, protégeant le livre de préhistoire que nous contemplons maintenant.
    Casablanca-carte
L'arrière-pays de Casablanca présente un vaste système de cordons sub-parallèles à la côte actuelle. 

© J.P.Raynal, d’après D.Lefèvre

 
   
     
  
  
2,5 millions d’années, une faune abondante, mais pas d’humanité
« Casablanca est mondialement connue pour son patrimoine préhistorique situé entre 2,4 et 6 millions d’années » nous indique Abderrahim, à notre arrivée à la Carrière Thomas, gigantesque trou béant au milieu d’une mégapole en pleine expansion. « Un autre site voisin de celui-ci, Ahl al Oughlam, au sud-est de Casablanca, est exceptionnellement riche puisqu’il a livré prés de 80 espèces de vertébrés, dont près de 60 espèces de mammifères (éléphants, primates, hyènes, félins, ruminants, girafes) et même des hôtes inattendus sous ces latitudes, tels l’ours et le morse » poursuit Abderrahim.
   
Tout en nous entraînant dans la carrière, il précise : « C’est grâce à une sorte de cochon sauvage et à un cheval antique à trois doigts que le site où nous sommes maintenant a pu être daté entre 2,3 et 2,5 millions d’années, en comparaison avec d’autres sites est africains ».
La falaise grandissant au dessus de nos têtes, il tient à nous expliquer : « Mais aucune trace d’hominidés à ces dates, par contre ce site était une sorte de paradis comme ont pu le trouver les premiers hommes.».
    Casablanca-ossements1JPG
  Ossements fossilisés de rhinocéros et de grands herbivores. Coll. Programme Casablanca. INSAP. PHoto : Isabelle
 
 
 
Un million d’années !
Enfin une présence humaine, les Acheuléens laissent des traces.
 
En arrivant au fond de la carrière notre mentor nous arrête brusquement : « Attention ! » nous signale t-il, « vous marchez sur un sol vieux d’un million d’années ! ».
    
    Quelle émotion ! la Carrière Thomas où nous nous trouvons est un point clé de la séquence casablancaise pour le dernier million d’années, révélant la présence de l’homme par l’existence d’outils de l’Acheuléen ancien riches en bifaces, galets aménagés et outils sur éclats. Comme en Afrique Orientale, on observe une interstractification entre un faciès acheuléen « classique » et un faciès sans biface qui pourrait être qualifié d'oldowayen par certains mais qui n'est pas ici plus ancien.
   
    Casablanca galet outils
Cependant, « Une question nous taraude l’esprit : mais où est l’Homme ? ». Abderrahim comprenant notre impatience, nous entraîne par un étroit passage quelques mètres plus haut dans la carrière… !
  
 
  
500.000 ans : le voilà !
    
     
 …..Sur une petite corniche à l’entrée d’une cavité il nous désigne l’endroit. « Voilà, c’est ici qu’en 2008 nous avons dégagé une mandibule humaine attribuée à « Homo rhodesiensis » et datée de 500 000 ans au moins» indique t-il. « Entre 1994 et 2009, de nouveaux fossiles humains (dents, mandibules, vertèbres, fragments crâniens, fragments d'os longs) associés à de l’outillage et à une abondante faune y ont été également découverts ».
Nous sommes fascinés, mais la fin de la visite approche. Abderrahim conclut : « En fait le site était déjà connu en 1969 suite à la découverte d’une hémi-mandibule humaine attribuée alors à Atlanthropus mauritanicus. Le site de la Carrière Thomas indique l’existence d’une nombreuse population d’hominidés à cette époque associée à une riche macrofaune et microfaune ».
Casablanca-mandibule
La mandibule de l'Homo rhodesiensis, le premier "Bidaoui", habitant de DarEl Beida (Casablanca). © J.P.Raynal
     
  
Homo rhodesiensis ! Qui était-il ?
Homo rhodesiensis est le nom d’un hominidé bipède d’une capacité cérébrale de 1300cm3 et d’une taille de 1m60, aujourd’hui daté entre 125 000 et 300.000 ans. Le premier Homo rhodesiensis a été découvert en 1921 dans une mine de fer à Broken Hill en Rhodésie du Nord dans l’est africain ( Kabwe en Zambie aujourd’hui). Homo rhodesiensis appartiendrait au groupe Homo heidelbergensis dont le fossile de référence, la mandibule de Mauer, fut décrite dès 1906 prés de Heidelberg, dans le Land de Bade-Wurtemberg au sud-ouest de l'Allemagne et a été récemment datée de 600 000 ans.
Néanmoins bien que ses origines soient Africaines, (Zambie, Afrique du Sud, Ethiopie), de nombreux fossibles rapportables à Homo heidelbergensis ont été découverts en Europe (Espagne, France, Angleterre, Italie, Grèce) et même en Asie (Chine). Cette famille qui recouvre une grande partie des fossiles du genre Homo du pléistocène moyen (700.000 à 125.000 ans) est probablement l’ancêtre d’Homo sapiens et d’Homo neanderthalensis puisqu’elle présente des caractéristiques communes aux deux espèces. Certains paléoanthropologues pensent que ces populations ne sont qu’une seule espèce, « l’Homo erectus » au sens large (1.5 à 0.3 million d’années en Afrique – Europe - Asie) et ancêtre de tous les hommes récents, rangés eux aussi dans une seule et même espèce. **
  
Casablanca-carrière Thomas 06 Tautavel
  LHomme de Tauravel (France), 450 000 ans, un des cousins européens de l'Homme de Casablanca.
Institut de Paléontologie Humaine, Paris. Photo : Jean.  
 
 
    
  
La grotte des Rhinocéros
En nous raccompagnant, Abderrahim nous signale que : « à quelque distance de là, une autre carrière, celle d’Oulad Hamida 1 a mis en évidence une grotte dite « des Rhinocéros », découverte en 1991 et qui tient son nom de l’abondance des crânes de rhinocéros associés à de nombreux outils acheuléens, peut-être utilisés par Homo rhodesiensis pour ses besoins en viande, démontrant peut-être une prédation sur le farouche quadrupède cornu ».
La visite se termine dans la petite maison qui sert de dépôt et de musée ou nous découvrons la très riche moisson d’ossements et d’outils paléolithiques que nous commente avec passion et efficacité notre guide. Celui ci, en nous quittant, nous promet de nous tenir au courant des découvertes futures ...  
 
 
 
Promesse tenue, voici le communiqué de nos correspondants :
 
Casablanca-carrière Thomas 13
     
  
 
Conclusion
Magnifique voyage, à la découverte des richesses archéologiques méconnues du Maroc du nord. Des sites hors des circuits traditionnels touristiques dont la découverte permet de mieux connaître ce magnifique pays et ses habitants de jadis et d’aujourd’hui. Nous tenons à remercier toutes les personnes qui nous ont aidés pour notre visite à la « Carrière Thomas » et nous leur souhaitons de trouver « l’Acheuléen » d'un million d’années afin de lui rendre ses outils… !
De prochains reportages à paraître dans ces pages nous feront découvrir au Maroc les sites archéologiques romains de Maurétanie Tingitane et l’étrange monument mégalithique de M’Zora, daté à la charnière des 3° et 4° millénaires av. JC.  
   
    Casablanca-carrière Thomas 12 1200x899.1
  
  
Voir la vidéo de notre visite à la Carrière Thomas sur Dailymotion :
Casablanca video
   
Remerciements :
Abderrahim MOHIB, Ministère de la Culture/ INSAP, Rabat.
Jean-Paul RAYNAL, CNRS, Université Bordeaux 1.
Les musées de Rabat et Tétouan.
« Institut de Paléontologie Humaine-Paris ». L’homme de Tautavel.    
       
Bibliographie :
« Casablanca il y a un million d’années » : 2007 : Fatima-Zohra SBIHI-ALAOUI, Abderrahim MOHIB, Jean-Paul RAYNAL.
« Mission Préhistorique Française au Maroc 2010 : programme Casablanca », Jean-Paul RAYNAL prix Clio 2010.
*Giorgio Manzi et Fabio de Vincenzo (Rome). «Le père de l’homme moderne H. heidelbergensis » Pour la Science : janvier 2012.
**Pascal Picq (Collège de France, « Au commencement était l’homme : de Toumaï à Cro-Magnon »,Odile Jacob.
Photos : Isabelle, Vidéo : Jean: PAAC Archéologie.
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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 23:00

 

 

 

Cinq membres du PAAC-ARCHEOLOGIE

ont visité le nord du MAROC

en septembre 2010...

 

 

Jean avait préparé pour ces 11 jours

un programme de visites très riche :

 

Le circuit nous a menés vers les Cités Impériales  de Meknès, Fez et Rabat,

    et vers les villes saintes de Moulay Idriss et Chefchaouen...

 

Dernière étape : CASABLANCA,

ville natale de Jean...

    Maroc le voyage 1.1

 

 

 Nous avons visité

musées et sites préhistoriques et antiques,

devant malheureusement oublier, par manque de temps,

quelques sites majeurs.

Nous avons vu cependant :

VOLUBILIS (voir l'album), TAMUDA, TETOUAN,

LES GROTTES D'HERCULE,

M'SOURA, LIXUS, THAMUSIDA, SALA, SKYRAT,

LA CARRIERE THOMAS 1 à CASABLANCA :

 

Maroc le voyage 2.1

 

 

Nous partagerons nos découvertes sur ce blog,

dans des articles qui paraîtront bientôt...

 

 

Cartes préparatoires pour le voyage : Jean

 

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Published by Isabelle
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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 07:00

        Le cavalier de Fontainebleau-0.

Le cavalier de Fontainebleau-article Jean 1

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Published by JEAN
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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 06:00

 

Proche de Châtillon-sur-Seine en pays lingon, à la croisée de voies antiques rayonnantes, et sur le cours de la Laigne, petit affluent de la Seine, VERTILLUM est un site archéologique qui mériterait d’être davantage connu.

Vertillum-article 00

Nous avions découvert au musée archéologique de Châtillon-sur-Seine la salle consacrée aux résultats de fouilles opérées sur le site depuis la fin du 19ème siècle, et déjà nous pressentions que le site était d’un grand intérêt. Il faut dire que le Musée du Pays Châtillonnais a été remarquablement rénové et les collections sont admirablement mises en valeur :

 uSalles gallo-romaines au Musée du Pays Châtillonnais                      

 C’est un agriculteur du village de VERTAULT qui nous a proposé une visite commentée fort intéressante. Depuis 30 ans, à la suite de son père, secondé par son fils et par quelques autres passionnés,  Monsieur DUMAIRE participe à l’entretien, à la mise en valeur et à la connaissance du site avec l’association « Revivre en Haute-Bourgogne ». 

u (Pour une visite accompagnée...)   

Vertillum-article 0181

 

Sur cette éminence s’est d’abord établi  un oppidum gaulois de 25 hectares mais les traces de cette occupation ont été souvent recouvertes, effacées et détruites par les occupations ultérieures…  et par les fouilles du 19ème siècle et du début du 20ème siècle.

VERTILLUM la gallo-romaine  lui a succédé : vicus prospère (plusieurs milliers d’habitants),  on y retrouve les éléments caractéristiques des autres villes gallo-romaines : quartiers résidentiels, quartiers artisanaux, forum,  centre administratif et cultuel, thermes…

Dès l’époque gauloise l’oppidum fut cerné d’un rempart de type murus gallicus dont les vestiges sont encore bien visibles : le rempart et le fossé qui l’entoure ont été localisés et cartographiés sur tout le pourtour de l’oppidum au début du 20èmesiècle. Sur le côté sud de l’oppidum, le rempart est bien visible et il subsiste sur plusieurs centaines de mètres, avec la dépression du fossé en contrebas. Des fouilles plus récentes ont permis d’en présenter la reconstitution :

 Vertillum-article 03

 

Vertillum-article 04L’ouvrage « GAULOIS ET GALLO-ROMAINS A VERTILLUM » de J. Bénard, M. Méniel  et C. Petit propose, entre autres informations très complètes sur le site, une description de ce murus gallicus :

« … Parements de moellons calcaires… poutres équarries s’enfonçant à l’intérieur du mur, plateaux de bois posés horizontalement sur les pierres du parement et sur les poutres… fiches de fer sans tête… » pour la fixation des poutres…

 

Technique différente du murus gallicus reconstitué à la Porte du Rebout à Bibracte, capitale et oppidum des Eduens sur le Mont Beuvray (Saône-et-Loire) :

        Vertillum-article 05 

Ce rempart a été restauré, modifié, réaménagé… au début de l’époque gallo-romaine, et selon l’ouvrage cité,  ce que nous en voyons et connaissons date de cette période :

« L’édification de cette fortification a nécessité un investissement économique important pour sa construction, sur presque deux kilomètres de longueur… » Enorme travail ! (Mais par comparaison, le rempart  de Bibracte mesure sept kilomètres et cerne un oppidum de 200 hectares...)    

 « Même si rapidement le rempart ne fut plus entretenu, ses vestiges marquèrent pendant toute la durée de l’agglomération gallo-romaine la limite de celle-ci. »

Ce que nous allons voir de la VERTILLUM gallo-romaine est donc contenu dans les limites de ce rempart, et cette vaste agglomération a dû avoir une certaine importance alors sur le plan régional. Monsieur DUMAIRE nous fait découvrir les différents secteurs de cette ville gallo-romaine, et il faut au visiteur moderne une bonne capacité d’imagination pour se représenter l’aspect de la ville antique.

Voici une vue de la fouille d’un atelier en 1909… (Envoi M. Dumaire)

      Vertillum 1000x732

Et voici l’état actuel de ces vestiges, dans certains secteurs du site reconquis par la végétation :

    Vertillum-article 06 

Ici se situait le forum… :

Vertillum-article 07 

Cependant les plans établis à partir des rapports de fouilles anciennes montrent une agglomération bien structurée et organisée comme les grandes cités gallo-romaines. Voici pour exemple le relevé du secteur de  « la place » qui correspond à peu près au cliché précédent :

  Vertillum-article 08

In « GAULOIS ET GALLO-ROMAINS A VERTILLUM, 160 ans de découvertes archéologiques », Planche VI

Certes ces vestiges (ce qu’il en reste après les fouilles très destructrices des siècles précédents) sont protégés sous nos pieds pour les siècles futurs… mais les riches objets découverts alors sont exposés au musée de Châtillon. A voir absolument, je réitère…

Les thermes ont particulièrement souffert des outrages récents du temps qui passe. Voici des documents, aquarelle et gravure, qui témoignent de l’état des bâtiments lors de leur dégagement au 19èmesiècle :

Vertillum-article 09 

Et nous voici devant les thermes sous leur auvent protecteur récent :

Vertillum-article 10 

On peut encore observer quelques vestiges de la pièce centrale :

Vertillum-article 11 

CONCLUSION :

Ce petit voyage en Côte d’Or et dans les Vosges nous a permis de découvrir des sites et faits majeurs de notre protohistoire et de notre histoire : Le Mont Lassois et le cratère de Vix présentés par JEAN dans un  article précédent, la ville gallo-romaine de GRAND (article à venir), et ce site magnifique de VERTILLUM qui bénéficie de l’attention de quelques passionnés sur le terrain…

Merci à Monsieur DUMAIRE pour cette visite très documentée !

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Visitez l’album photo sur VERTILLUM

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Bibliographie :

 GAULOIS ET GALLO-ROMAINS A VERTILLUM, 160 ans de découvertes archéologiques  – Sous la direction de  J. Bénard, M. Méniel  et C. Petit -  Ed. Infolio, Collection Vestigia, 2010.

Article : ISABELLE, du PAAC-ARCHEOLOGIE

Photos : ISABELLE, ouvrage cité, panneaux explicatifs sur le site et photo aimablement envoyée par M. DUMAIRE.

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 09:00

 

Peu de fouilles ayant été entreprises jusqu’à présent sur le sol de la commune, c’est pour une bonne part sur des indices de surface que l’on peut appréhender le passé le plus ancien.

 

PRÉHISTOIRE

Histoire P-C 1Quelques silex taillés caractéristiques (bifaces, racloirs, pointes) ramassés au hasard des travaux agricoles révèlent le passage de chasseurs néandertaliens à une ou des périodes indéterminées du Paléolithique moyen sur ce qui relèvera nombre de millénaires plus tard de l’espace communal de Pontault-Combault.

 

 

 

 

 

 

                                                                              Racloir convergent moustérien.

 

 Le Néolithique, temps ultime de la Préhistoire, témoin de l’émergence des premières sociétés paysannes est attesté par une relative abondance d’artéfacts. (1)  Si plusieurs fragments de bracelets en schiste poli évoquent la présence, au cours de la première moitié du 5ème millénaire avant notre ère, de populations appartenant à la culture de Villeneuve-Saint-Germain (Néolithique ancien), c’est surtout aux phases Néolithique récent / Néolithique final que semblent se rattacher les vestiges lithiques récoltés (haches polies, armatures de flèches, grattoirs, percuteurs, broyons de meules, etc.).

 

Histoire P-C 2

Un fragment de « poignard » en silex originaire de Touraine (Grand-Pressigny) et des racloirs à encoches utilisés comme couteaux à moissonner se réfèrent à la panoplie des agriculteurs du 3ème millénaire av. J-C (Néolithique final).

En 1997, une fouille archéologique menée par Valérie DELATTRE de l’INRAP sur un petit ensemble funéraire du Haut Moyen Age a en outre livré un matériel résiduel (outils de silex, petit vase) attribué au Néolithique final / Campaniforme. (2)

 

PROTOHISTOIRE

Un potin de type BN 6160/6168 (identification C. DROUOT) attribué aux Carnutes (1) récupéré dans la terre remaniée d’un lotissement et une faible quantité de tessons de poterie modelée dépourvus de décor, glanés en surface parmi d’autres débris d’époque gallo-romaine ont, un temps, constitué les seules traces éventuelles d’une présence à l’époque gauloise.

Histoire P-C 3

En 1995, préalablement à l’implantation de la Z.A.C de Pontillault, Paul BRUNET de l’INRAP (3) dirigea une opération de sauvetage qui a fourni de nouvelles informations sur le passé gaulois.

Le premier âge du Fer n’est que modestement représenté par des éléments céramiques du Hallstatt moyen découvert dans un fossé mais le 2ème âge du Fer (La Tène) est caractérisé par des restes plus substantiels.

Deux sépultures de La Tène B2 (4ème s. av. J-C) ont été mises au jour par le décapage. L’une était dépourvue de mobilier funéraire mais, dans l’autre, la défunte avait conservé un fragment de torque en bronze à décor ternaire ainsi qu’une fibule de même métal de type Münsingen. Un réseau de fossés datés de La Tène D2 (1er s. av. J-C) associé à des assemblages de trous de poteaux a permis de reconstituer les structures annexes d’une ferme gauloise qui devait se trouver non loin.

Des vestiges céramiques variés composent la majeure partie du matériel recueilli complété par une fibule en bronze étamé, de petits clous en fer, une virole métallique et un potin type LT 9180/DT 151.

 

ANTIQUITÉ

Un ancien chemin passant à l’est de la commune et reliant Melun à Torcy, dont le tracé a été plus ou moins repris par celui de la Francilienne pourrait constituer la survivance d’une hypothétique voie secondaire antique.

Quant à la route menant de Paris à Troyes, connue au Moyen Age sous le nom de « Chemin de Rome », partiellement recouverte par la moderne RN4, son origine, bien que considérée comme romaine par certains auteurs, est incertaine.

Divers lieux de la commune semblent avoir été fréquentés pendant une partie au moins des cinq siècles suivant la fin de l’indépendance gauloise. Cependant la majorité des gisements ne se signalent à l’attention de l’observateur que par quelques bris de tuiles à rebords et de poterie. Il pourrait s’agir de petits habitats ruraux à l’organisation difficilement perceptible qui ont, pour certains,  connu une réoccupation durant le Haut Moyen Age.

La fouille de Paul BRUNET mentionnée au paragraphe précédent suggère qu’à une ferme gauloise a succédé un établissement gallo-romain probablement oblitéré par les bâtiments du hameau et de la ferme de Berchères. Les abords  de celle-ci ont d’ailleurs livré des tessons antiques et médiévaux.

Histoire P-C 4

Les labours sur un site n’ayant pas encore subi les aléas de l’urbanisation ont ramené en surface, en plus des débris habituels de tegula et d’imbrex une quantité non négligeable de tessons divers(1), surtout de la poterie commune dont de la noire à pâte rouge (N.P.R.), un peu de sigillée (Drag 37) et bord de jatte Chenet 323 à décor de guillochis et couverte métallescente.

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Une meta (partie dormante d’une meule à grains) en pierre meulière remontée par un labour profond et un catillus (partie tournante) paraissant avoir subi une retaille, trouvé dans les terres de déblais d’un  lotissement en construction attestent d’activités de meunerie. (4)

Histoire P-C 5

Une demi-douzaine de monnaies romaines a pu être récoltée : un as de Vespasien au type de la Sécurité, un sesterce d’Antonin le Pieux, deux sesterces de Marc-Aurèle, un sesterce de Commode et un nummus de Constant au revers Gloria Exercitus frappé à Antioche.

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HAUT MOYEN AGE

La connaissance de cette période s’est vue profondément reconsidérée grâce aux apports de l’archéologie préventive de ces trois dernières décennies. Au sentiment misérabiliste acquis à l’étude des rares textes disponibles et de matériel issu de nécropoles a succédé, par la multiplicité des fouilles d’habitats ruraux, une complète réévaluation. Une impression initiale de désertion a fait place à celle de la pérennité ou, tout au moins, d’une réoccupation partielle de l’espace habité.

A Pontault-Combault, l’apparition en surface de terres labourées, sur quelques endroits déjà fréquentés antérieurement, de tessons de céramique à gros grains de dégraissant quartzeux, trahit la persistance d’une présence humaine lors du Haut Moyen Age.

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Cette poterie granuleuse (5) de teinte variant du gris clair au gris foncé et du beige clair au rose apparaît dans la seconde moitié du 4èmesiècle pour perdurer pendant toute la durée des temps mérovingiens et carolingiens. Elle constituera l’essentiel de la poterie domestique de ces périodes.

Ont aussi été récoltés quatre petits fragments de récipients gris foncé à pâte plus fine décorés de casiers ou d’oves renversés. Ces céramiques plus luxueuses que la vaisselle en granuleuse  peuvent être datées du 7èmesiècle.

 

Quelques objets métalliques sont eux aussi significatifs des 7ème et 8ème siècles : une bague en bronze à l’anneau brisé dont le chaton protubérant est décoré d’annelets pointés, une fibule ansée symétrique en bronze étamé au décor similaire (6) ainsi qu’une fibule ansée asymétrique découverte lors de la fouille de 1995. Enfin un denier, minuscule piécette d’argent vraisemblablement frappée à Metz (7) constitue un très rare témoignage de la circulation monétaire des débuts du 8èmesiècle.

    Histoire P-C 7

Près de la ferme de Berchères, une petite nécropole appartenant au groupe de sépultures sans lieu de culte associé dit « en plein champ » a fait l’objet d’une fouille de l’INRAP conduite par Valérie DELATTRE en 1997. (2)

29 inhumations, en deux groupes, étaient réparties de part et d’autre d’un affleurement naturel de gros blocs de meulière, en fonction – peut-être - de liens de parenté (adultes des deux sexes et enfants). L’indigence du matériel datant incite à attribuer les défunts à l’époque carolingienne. En effet, dans le courant du 8ème siècle, sous l’influence grandissante de l’Eglise, l’usage du dépôt d’objets dans les tombes est abandonné au profit de prières formulées par les vivants, estimées plus utiles au salut des âmes.

Il faudra attendre le 13ème siècle pour retrouver, sans systématisation, un dépôt funéraire sous forme de céramiques. Ce fut le cas par exemple des fouilles menées par Guy PESIER dans les années 1970 autour de l’église de la commune voisine de la Queue-en-Brie, avec des poteries flammulées  percées afin d’y faire brûler de l’encens.

La plus ancienne mention d’un lieu de culte à Berchères placé sous le patronage de Saint-Pierre-ès-Liens date seulement de 1147 mais le domaine est déjà cité en 1078 puis en 1079 avec la mention « villa quae appellatur Bercherias ». (8)

 

Texte et croquis : Georges SUCHET        Photographies : Isabelle BOYER

 

RÉFÉRENCES ET BIBLIOGRAPHIE

1)  Georges SUCHET - Des vestiges préhistoriques et gallo-romains à Pontault-Combault -  LE DONJON, Bulletin du Groupe Nature Caudacien, N° 10, avril 1975.

   Georges SUCHET – De nouvelles trouvailles préhistoriques et gallo-romaines à Pontault-Combault - LE DONJON, Bulletin du Groupe Nature Caudacien, N° 12, janvier 1977.

 Georges SUCHET – Trouvailles préhistoriques à Pontault-Combault - LE DONJON, Bulletin du Groupe Nature Caudacien, N° 13, mai 1978.

2)  Valérie DELATTRE – Le cimetière carolingien de Berchères – ARCHEOLOGIA, N° 405, novembre 2003.

3)  Paul BRUNET – Une installation agro-pastorale de la fin de La Tène à Pontault-Combault et près de la ferme de Berchères – Bulletin du G.AS.M. N° 35 à 38, années 1994-1997.

     Jean-Noël GRIFFISCH, Danielle MAGNAN, Daniel MORDANT – Carte archéologique de la Gaule, la Seine-et-Marne 77/2, 373 – Pontault-Combault p.981-982.

4)  Georges SUCHET – Deux instruments témoins de l’activité des premiers agriculteurs à Pontault-Combault - LE DONJON, Bulletin du Groupe Nature Caudacien, N° 14, décembre 1977.

5)  Michel PETIT – La céramique de type « MAYEN » en région parisienne - Bulletin du G.A.S.M. N°16, année 1975.

6)  Georges SUCHET – Note sur une fibule mérovingienne trouvée à Pontault-Combault - LE DONJON, Bulletin du Groupe Nature Caudacien, N° 11, novembre 1976.

7)  Georges SUCHET – Un denier mérovingien à Pontault-Combault - LE DONJON, Bulletin du Groupe Nature Caudacien, N° 15, janvier 1979.

     Michel DHENIN – Découverte d’un denier mérovingien à Pontault-Combault (S et M) – Bulletin de la société Française de Numismatique – 35ème année, N°3, mars 1980.

     Jean LAFAURIE – Les Monnaies mérovingiennes en région parisienne – Mémoires publiés par la Fédération des Sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l’Ile de France – Tome 32, 1981, Le Haut Moyen Age en Ile de France.

     Bruno FOUCRAY – Circulation et usages monétaires dans le monde rural francilien du Haut Moyen Age – Actes des Journées Archéologiques, S.R.A. Ile de France, 2002.

8)  Bernard HUCHET – Pontault-Combault –  Maury Imprimeurs - 1994.

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 23:00

 

 

 Sortie week-end pour le P.A.A.C-Archéologie

à la découverte des richesses archéologiques bourguignonnes

et de son trésor que conservait, depuis 25OO ans

dans sa tombe, la « Dame de Vix ».

 

Le mont Lassois

 

VIX 01Le mont Lassois, modeste petite éminence proche de la commune de Vix en Côte d’Or est devenue célèbre, lorsqu’en 1953 René Joffroy et son équipe d’archéologues locaux  dégagèrent à ses pieds dans une boucle de la Seine le fabuleux « Trésor de Vix » actuellement conservé au musée de Châtillon sur Seine.

 

VIX 12 

A mi-chemin du sommet, à l’entrée du cimetière qui entoure la petite église St Marcel...

VIX 11

  

  

  

Les contreforts de l’église St Marcel utilisent des sarcophages en réemploi...

  

  

... nous rencontrons inopinément le sympathique et volubile maire de Vix qui nous évoque la découverte du trésor et nous indique le chemin du palais de la Dame de Vix ainsi que l’emplacement dans la plaine en contrebas du tumulus qui contenait sa tombe.

 

VIX 08

 

 

 

 

Sous un radieux soleil d’automne, l’équipe entame l’ascension du mont Lassois (300m) pour découvrir sur une vaste esplanade, un champ de fouilles protégé par de grandes bâches qui laissent apparaître  un grand nombre de trous de poteaux, fondations antiques de vastes et riches bâtiments qui dominaient et contrôlaient la vallée de la Seine.

 

 

 

 

 

 

Quel panorama !

VIX 09 

Véritable ville celtique à l’habitat ordonné et planifié autour d’un axe de circulation central, le palais entouré  de bâtiments plus modestes occupe le centre de la parcelle la plus vaste. Entouré de solides fortifications, cet oppidum avant l’heure était idéalement situé sur l’axe Rhin-Rhône-Seine et commandait certainement la route de l’étain en provenance de Cornouailles. Cuivre et étain, précieux minerais destinés à la métallurgie du bronze, étaient nécessaires au monde étrusque et grec pour leurs besoins en objets de prestige.

 

Dans ce palais de la période finale dite de Hallstatt vivait une princesse ou prêtresse, de type nordique qui fut enterrée 500 ans avant JC dans une riche tombe à char au milieu d’un magnifique trésor. La plus belle pièce en est sans conteste un gigantesque et unique cratère qui devait servir à conserver le vin lors des libations de la cérémonie funéraire.

VIX 03 

Des libations plus modestes pour notre équipe sous la forme d’un copieux pique-nique et grâce au GPS/ 47 54 13.28 nord – 04 32 28.28 est   nous nous rendons ensuite en pèlerinage sur la tombe en contrebas où il ne reste rien, sinon le point de vue sur le mont Lassois et une vague protubérance dans le champ de luzerne… Tant pis, allons vite admirer ce fameux trésor au musée de Châtillon-sur-Seine.

          

 

 

Châtillon-sur-Seine 

 

VIX 05A 6 kms de Vix, Châtillon-sur-Seine lové dans un méandre de la toute jeune Seine compte de nombreux vestiges d’occupations aux époques préhistoriques et historiques.     
VIX 06Au VIII° siècle, première mention d’une colline où s’élevait « Le Castel » qui donna son nom à Châtillon. En 886, l’évêque de Langres fit édifier dans l’enceinte du château une église pour abriter les reliques de St Vorles ; reconstruite au X° siècle dans un pur style roman, elle est presque parvenue identique jusqu'à nous après de multiples rénovations.
 
                                                                                       L'église St Vorles et St Bernard

 

 

 

Les ruines du CastelVIX 07

 

 Les sources de la Douix

 

L’une des curiosités majeures de Châtillon-sur-Seine est la résurgence de la source de la Douix d’un imposant porche calcaire situé sous les ruines du château, qu’il faut aller voir le soir, lorsque la pleine lune se reflète dans l’eau.

      Article VIX-Chatillon 13 1200x644

 

Cette source au débit important qui se jette 50 mètres plus loin dans la Seine fut un important lieu de culte celtique et gallo-romain, comme l’attestent les nombreuses fibules en fer et en bronze et les 40 ex-votos en calcaire qui y ont été trouvés. Toutes les époques même chrétiennes ont perpétué la tradition, puisqu’une statue de la Vierge à l’enfant du XVI° siècle est disposée dans une niche aménagée dans la falaise.

 

 

Le Musée du Pays Châtillonnais et le trésor de Vix

 

Dans la ville basse, le nouveau Musée du Pays Châtillonnais s’est établi récemment dans les communs d’une ancienne abbaye du XII° siècle où il abrite une riche collection d’objets du patrimoine régional et plus particulièrement les fameuses trouvailles de Vix. 

      VIX 04Déception pour les amoureux de la pellicule, « Pas de photos » nous indique l’accueil ! Peu importe, le lien vers le site du musée compensera le manque d’images.

Je me précipite vers la salle du trésor …………..et admire au passage le grand « lebes » (ou chaudron de libations) du tumulus de Sainte-Colombe-sur-Seine, commune proche de Vix, trouvé également dans une tombe féminine : décidément le matriarcat était une composante majeure de cette société  de l’âge du fer…. !

 

Le cratère de Vix

…….Encore quelques pas, des vitrines, un coude et le voilà enfin ! Ce cratère géant en bronze, fabriqué en Italie du sud (Grande Grèce de l’époque) est unique dans le monde Grec : 1,64 m de hauteur pour un diamètre de 1,27m et un poids de 208 kgs, il pouvait contenir les 1100 litres de boissons aromatisées nécessaires aux convives du banquet qui certainement a eu lieu lors des funérailles de la Dame de Vix.

Le regard de deux gorgones grimaçantes nous glace le sang, elles servent d’anses au grand récipient avec leurs membres serpentiformes entourant la cuve dont les jambes se terminent par des têtes de serpents. Sur le col, en bas relief, un défilé de guerriers grecs à pied parade  en alternance avec des conducteurs de chars de guerre à deux roues tirés par quatre chevaux. Son grand couvercle est exposé dans une vitrine ; destiné à filtrer les épaisses boissons épicées, il était surmonté par une petite statuette féminine représentant peut être une déesse bienfaitrice.

 

L'inhumation de la Dame de Vix

« La défunte, parée de bijoux et coiffée d’un torque en or d’un poids de 480g, véritable chef d’œuvre d’orfèvrerie, fut allongée sur le plateau d’un char dont les roues démontées étaient posées sur les parois de la tombe.. ». On retrouve la scène de l’inhumation de la princesse âgée de 35 ans dans une reconstitution grandeur nature de la tombe à char qui nous emporte 25 siècles dans le passé. Outre le cratère rempli de boissons capiteuses, on dispose autour de son char un riche service à boire ; un « œnochoé » (cruche) en bronze lui permettra de se servir le vin dans une coupe attique représentant un combat entre guerriers grecs et amazones ; enfin, trois grands plateaux circulaires à offrandes sont posés à proximité pour son long voyage dans l’au-delà.

C’est fini pour la princesse de l’âge du fer, des chants, des pleurs, des cris, des incantations ! Le tumulus est refermé, scellé et oublié ! Il ne sera plus rouvert qu’au XX°siècle.

 

 

La civilisation de Hallstatt et les tombes à char

 

A la fin de l’âge du bronze, vers le 1er millénaire avant notre ère, apparurent des peuples originaires d’Europe centrale, les Celtes. Ils ouvriront une nouvelle époque, l’âge du Fer, divisée par les spécialistes en deux grandes périodes : la culture dite « de Hallstatt » qui s’étend jusque vers l’an 450 av. JC et celle de « La Tène » qui lui est postérieure.

 

La Civilisation de Hallstatt, du nom d’une localité autrichienne qui en est le berceau, avait coutume d’inhumer ses riches défunts sous tumulus, allongés sur le plateau d’un char, avec armes et bijoux.

 

 

Texte et photos de JEAN, du PAAC-ARCHEOLOGIE

 

      Remerciements : CNRS B.Chaume. Musée du Pays Châtillonnais

 

 

 
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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 07:48

    Le château de BOVES : un site, une exposition...

 

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Quelques images d'un site en cours de fouilles

et visite de l'exposition au Musée de Picardie, à Amiens :

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 Le Premier château et son évolution (X° siècle)

Au tournant des IX°-X° siècles, les nombreux raids vikings dans la vallée de la Somme provoquent l’érection de lieux fortifiés sous forme de mottes de terre artificielles. C’est certainement dans ce contexte que le château de Boves est édifié bien qu’aucune source historique ne le mentionne avant le milieu du XI° siècle. Le caractère exceptionnel  de cette motte réside dans sa mise en place précoce, la première moitié du X° siècle et son volume impressionnant (45 000 m³).

Boves le château 02 1200x731En effet, dès l’approche, la masse de la motte castrale est vraiment imposante. On se prend à tenter d’imaginer le château dans son état du XII° siècle

 

 

 

 

 

 

 Construction de bois à l’origine, le château a évolué jusqu’au XVI° siècle et cinq étapes de la construction ont été observées et mises en évidence par les fouilles archéologiques :

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   Boves le château 01 1200x644.1.1.1

 

Les fouilles se poursuivent…  Boves le château 06 1200x483

Boves le château 07 1200x899Et ne subsistent,  de cette construction qui fut majestueuse et imposante,  que ces deux pans de murs dressés vers le ciel,  vestiges du donjon du XII° siècle reconstruit en grande partie au XIV°

Boves le château 04 1200x899

Pour se documenter :

Recherches pluridisciplinaires sur le site castral et prioral de BOVES 

La vie de château : BOVES

NB : le texte en italiques et les reproductions des plans sont empruntés aux panneaux descriptifs présentés dans l’exposition « La vie de Château » présentée au musée de Picardie à AMIENS de novembre 2010 à avril 2011.

Les documents sont publiés avec l'aimable autoristion du Laboratoire d'Archéologie et d'Histoire, Université de Picardie Jules VERNE, AMIENS.  

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 10:23
MALTE : LES DEUX PLUS RECENTS TEMPLES MEGALITHIQUES
  
De retour de MALTE en avril 2006, Yvonne nous rappelait la préhistoire de cette île et nous parlait de ses temples mégalithiques.
 ************
MALTE ET GOZO sont des îles récentes, leurs couches sédimentaires se sont déposées depuis 25 à 5 millions d’années dans la mer. Elles sont composées de calcaire corallien très dur et de calcaire tendre excellent pour la sculpture.
Encore maintenant, comme le bois est rare, les agriculteurs qui ont besoin d’une planche en scient une dans la roche qui est omniprésente.
 
Pendant les différentes glaciations l’archipel maltais a été réuni à la Sicile voisine. De nombreux animaux sont allés jusqu’au bout des terres émergées vers le Sud.
                                                                                                                                                              
Après la fonte des derniers glaciers et l’isolement de Malte et de Gozo, il s’est produit le même phénomène que sur d’autres îles de la Méditerranée et sur l’île de FLORES : de nombreux animaux ont évolué et se sont nanifiés. Des os d’éléphants pygmées, d’hippopotames nains, de petits cerfs rouges et d’autres animaux disparus ont été retrouvés dans des grottes.
La présence de l’homme est attestée depuis 5200 B.C. Celle de l’homme paléolithique était toujours contestée en 1960. Les techniques modernes de datation devraient toutefois contribuer à résoudre ce problème.
Les premiers Maltais sont vraisemblablement  venus de Sicile dès les progrès de la navigation avec famille, instruments, ustensiles, céréales, etc. Ils ont apporté avec eux silex et obsidienne (de Lipari), ces roches n’existant pas dans les couches sédimentaires de Malte et étant indispensables pour l’agriculture, la chasse et la construction.
 
De 4100 à 3800 BC, fait rarissime, ces gens ont commencé à ensevelir leurs morts dans des puits naturels ou creusés. Ils rangeaient soigneusement les os des morts réduits à l’état de squelettes : à ZEBUG on a trouvé 54 individus avec d’innombrables objets et de l’ocre rouge. Cette tombe a été utilisée pendant de nombreux siècles, pour un même clan. Dans la grotte de BUR MGHEZ  on a trouvé les restes de plus de cent personnes.
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 HAGAR QIM -  Entrée du Temple
   
Vers 3600 B.C. les premiers temples ont été érigés. Ils avaient un plan en forme de lobe, les constructeurs  ont ajouté une abside lobée puis trilobée, il y a eu jusqu’à cinq absides. Ces temples se répandirent sur toutes les îles. On en dénombre 23. Ils ont été fouillés dès le début du XX ème siècle par des archéologues anglais qui ont beaucoup publié. Il y a encore de nombreuses découvertes à faire. (Il n’y a pas eu de fouilles depuis 1990).
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HAGAR QIM - Trou à libation ou à oracle dans une abside
 
Pour construire ces temples, on peut penser raisonnablement que ces îles étaient très peuplées, très riches, que les gens étaient très structurés par clans. Les déesses maltaises parfois gigantesques devaient y être honorées, représentant la fécondité et ses rites. Cette architecture mégalithique est unique en Europe néolithique. Les constructions se sont arrêtées vers 2500 B.C. et on ne peut que faire des hypothèses sur ce changement de culture.
 
Pour visiter HAGAR QIM et MNAJDRA  il faut prendre un autobus. Deux surprises pour nous Français, la conduite à gauche (occupation anglaise passée oblige) et le tableau de bord orné de vierges, de crucifix (la République de Malte n’est pas laïque). 
Les vallées sont plantées de fruitiers mais les collines sont caillouteuses et nous arrivons au sud de l’île dans une région sauvage et aride. 
HAGAR QIM et MNAJDRA  ont été construits entre 3000 et 2500 B.C.
 
Et c’est l’arrivée sur HAGAR QIM...
Mes voisins ne me croient pas beaucoup quand je leur dis que ces blocs quadrangulaires ont été taillés sans l’aide du métal. Nous pénétrons dans le temple par une allée dallée qui ouvre sur des absides, toujours faites de pierres parfaitement équarries et rangées bien d’aplomb.
Malte 3 500x373Autel à HAGAR QIM
Certaines pierres sont percées de trous sphériques : pour des libations ? Pour des oracles comme à DELPHES ?
On voit aussi de petits autels dans des endroits très étroits.
Certains blocs sont ornés de volutes en piquetage, ce sont des reproductions des originaux placés au Musée archéologique de LA VALETTE.
Dans ce musée sont exposées aussi les déesses mères, certaines énormes, dont nous avons vu une reproduction à l’exposition ÈVES ET RÊVES et qui se trouvaient dans ce temple. Il y avait aussi de nombreuses statuettes phalliques et des têtes pour mettre sur les bustes de ces dames.
Un tableau explique que les mégalithes étaient probablement hissés au moyen de cordes tandis que des pierres rondes de la dimension d’un ballon de football étaient glissées sous ces grandes masses pour faciliter leur mouvement et les faire basculer. La plus haute (sur la première
photo) mesure 7 mètres sur 3.
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MNAJDRA - Fenêtre d’une abside 

 

Le temple de MNAJDRA se trouve à 500 mètres en contrebas  d’une superbe allée dallée, sur la falaise dominant la mer.

Exposé aux vents, il est plus abîmé par l’érosion. C’est un ensemble formé de plusieurs temples construits successivement, celui du milieu est le plus travaillé. De nombreuses pierres sont décorées de piquetages.

 

On entre dans un temple qui a trois absides, un autre en a quatre, c’est aussi gigantesque que beau de régularité. L’enceinte extérieure a protégé les blocs intérieurs.

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L'entrée du Temple de MNAJDRA

  

Bibliographie : une seule traduction en français trouvée par une libraire complaisante dans son arrière boutique : 

MALTE : Archéologie et Histoire par J.S. TAGLIAFERRO, Miller guides 1994

                        Tell me about the Maltese Temples par Linda ENEIX   OTTS 2000

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