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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 14:30

 

...Pincevent sur Seine...

 

Pincevent, il y a 14 000 ans : un gué sur la Seine emprunté par les rennes migrant au début de l’hiver et que fréquentaient les derniers grands chasseurs du paléolithique, les Magdaléniens.


Pincevent (1)

Pincevent aujourd’hui : un lieu-dit sur la commune de La Grande-Paroisse et un site archéologique situé au bord d’un fleuve qui n’est pas encore parisien, à quelques kilomètres de son confluent avec l’Yonne, entre  Montereau-Fault-Yonne en amont et Moret-sur-Loing en aval.

 

Il est 10 heures ce matin de juin et notre petite troupe est accueillie chaleureusement à l’entrée du site par Michel Orliac, le responsable du chantier de fouilles, chantier sur lequel flotte déjà une bonne odeur de cuisine. En fait, Pincevent est un site archéologique 5 étoiles, le rêve de tout archéologue : ici pas de tentes, mais des cabanes en dur, un restaurant, des dortoirs et même un musée pour les visiteurs. Michel Orliac, en nous entraînant vers l’endroit où tout a commencé il y a déjà 50 ans nous explique le pourquoi de cette particularité :

 

« De par sa richesse archéologique, unique en France et en Europe, Pincevent est, depuis sa découverte en 1964 par Michel Brézillon, devenu un site permanent grâce à la promptitude des autorités de l’époque. C’est le grand préhistorien français André Leroi-Gourhan qui, dès 1965, a su faire protéger et acquérir par l’état ce terrain de 9 hectares au bord d’une gravière. »

 

...Pincevent il y a 14.000 ans...

 

Pincevent (2)Nous sommes maintenant sur le lieu de la découverte, une déclivité qui vient mourir dans un étang poissonneux, une ancienne gravière qui ne conserve rien du site par lui-même si ce n’est un relevé ou une copie du sol d’alors que nous retrouverons dans le petit musée.

Ne rêvons pas, les grands chasseurs magdaléniens n’avaient pas ce décor tempéré sous les yeux, ils évoluaient dans un paysage périglaciaire où le renne et l’antilope saïga prédominaient. Les glaciers arctiques descendaient jusqu’au Londres actuel, le niveau des mers était 110 mètres plus bas qu’aujourd’hui, l’Angleterre était encore reliée au continent. La Seine telle que nous la connaissons n’existait pas sous sa forme actuelle et dans ce climat très froid et sec, le fleuve charriait en hiver d’énormes blocs de glace et déposait en été de considérables et fines couches de limon. Cette accumulation d’alluvions a joué un rôle majeur dans la conservation des témoignages magdaléniens vieux de 14.000 ans.

 

 

Pincevent (3)

La « copie » du sol de Pincevent effectuée dès 1965

 

Ces chasseurs-cueilleurs nomades étaient originaires de l’Ile-de-France d’alors, dans un rayon de 80 km tout au plus, comme en témoignent les outils en silex et les parures en colliers de coquillages trouvés in-situ. Le site fut occupé seulement durant 75 ans, au cours d’une courte péjoration climatique froide et sèche, par treize petits groupes familiaux qui, autour de leurs foyers, dressèrent des « tipis » probablement identiques aux tentes des indiens d’Amérique du Nord.

 

Pincevent (4)

Vestiges d’occupation  – Musée de Pincevent

 

  

Pincevent, c’était un camp de base saisonnier placé sur une voie de migration des rennes : nos lointains ancêtres venaient y chasser à la fin de l’automne. « Dans le renne tout est bon ! » nous explique Michel Orliac. Pour une des périodes observées, « 76 rennes y ont été traités en un mois, apportant à ces chasseurs une provision de 5 tonnes de viande à laquelle s’ajoutent fourrures pour se vêtir, os et bois pour la confection d’outils. »

Pincevent (5)

Un campement magdalénien : hypothèses...

 

 

 

 ...«  Pincevent, c’est un miracle ! »…

 

Pincevent (7)… s’exclame Michel Orliac en nous montrant le relevé stratigraphique effectué sur un support en latex. « Un miracle car le site s’est constitué grâce à une continuité de la sédimentation, sur des aires vastes et régulières, dans un laps de temps très court, moins d’un siècle. Des sédiments très fins et surtout une absence d’érosion ont figé dans le temps les 21 hectares de ce site paléolithique unique »

           

 

Le relevé stratigraphique moulé sur un support en latex.

 

 

 

Pincevent (6)

Michel Orliac nous dévoile les relevés stratigraphiques sur le site archéologique de Pincevent.

 

Pincevent (8)

 

Dans sa phase finale, dite épipaléolithique, Pincevent sera occupé en permanence. Les rennes, sans disparaître totalement en tant que gibier, seront remplacés par les chevaux et, fait très rare, 31 restes humains y ont été retrouvés.

L’occupation s’étendra jusqu’au mésolithique (8000-9000 bc) dans un univers totalement différent, la forêt est omniprésente, le cerf a remplacé le renne, l’homme a abandonné le propulseur pour se servir de l’arc, le réchauffement du climat s’accélère, la fonte des glaces et la montée des eaux des océans deviennent inexorables. L’ère des grands chasseurs se termine alors que se profile petit à petit le néolithique (6000-5000 bc) et le temps des cultivateurs-éleveurs, notre époque en fin de compte.

 

Personnellement, j’ai eu la chance de pouvoir visiter les plus belles grottes ornées de l’espace Franco-Cantabrique, Lascaux, Altamira, Niaux entre autres, et bien que n’ayant pas le lustre de ces grands temples de l’art préhistorique, Pincevent nous éclaire quand même et nous rapproche peut-être un peu plus du quotidien des Magdaléniens.

 

 

Pincevent (9)André Leroi-Gourhan 1911-1986

 

Ethnologue, archéologue et historien français, professeur au Collège de France et membre de l’Institut. Il a proposé une interprétation révolutionnaire sur l’interprétation de l’art pariétal paléolithique. Sur le site magdalénien de Pincevent il a contribué à renouveler les méthodes de fouilles archéologiques.

 

 

Pincevent (10)Michel Orliac

 

Dés 1972 Michel Orliac collabore aux travaux d’André Leroi-Gourhan sur Pincevent, il devient le responsable des fouilles sur le site. Ses travaux portent aussi sur l’environnement au Tardiglaciaire et au Mésolithique. Spécialiste également reconnu de l’Ile de Pâques, il y a mené depuis 1976 de nombreuses campagnes de fouilles.

 

 

Les Magdaléniens (16 000-10 000 bc)

 

Après les fouilles de E.Lartet et H.Christy sur le site de La Madeleine à Tursac en Périgord, G. de Mortillet imposa dès 1869 le nom Madeleine comme site éponyme pour caractériser ces industries préhistoriques. 

Pincevent (11)Alors que les dernières poussées du froid Würmien se font encore sentir, ces cultures européennes à l’apogée des civilisations paléolithiques possèdent en commun des caractéristiques communes de l’Espagne du Nord à l’Oural. On y observe une diminution des dimensions des outils lithiques, une industrie osseuse innovante, et surtout l’épanouissement de l’art paléolithique sur les parois des grottes et les objets mobiliers. En Ile-de-France, le seul élément artistique découvert est le petit cheval gravé sur un galet sur le site archéologique voisin d’Etiolles (conservé au Musée départemental de Préhistoire d'Île-de-France de Nemours)

 

 

Pincevent (12)

Tursac : le Magdalénien du Préhisto-parc

 

 

 

Ref : ART ET CIVILISATIONS DES CHASSEURS DE  LA PREHISTOIRE. Paris, Laboratoire de Préhistoire du Musée de l'homme, Musée des Antiquités Nationales, 1984. 

 

 

Photos : Jean Lentignac et « Le petit cheval gravé d’Etiolles » dessin d’après relevés de Gilles Tosello et Carole Fritz.  

José-Manuel Benito pour «  Le campement Magdalénien » et « André Leroi-Gourhan ».

 

 

Liens : http://www.prehistoparc.fr/

http://www.musee-prehistoire-idf.fr/root

http://www.hominides.com/html/lieux/etiolles-site-prehistorique-magdalenien.php

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Published by Jean LENTIGNAC
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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 12:54

 

L'archéologie aiguise votre curiosité? vous intéresse? vous passionne?


Vous avez envie d'apprendre, de comprendre, ou bien de partager vos connaissances dans ce vaste domaine?


Vous souhaitez approfondir le sujet par des visites de sites, de musées et d'expositions, des voyages à thèmes élaborés ensemble dans notre petit groupe d'amis?

 

Faites-vous une idée de nos activités en feuilletant  ce blog et rejoignez-nous lors de notre réunion de rentrée

le 19 octobre 2013

à 14 heures au local du PAAC

60 rue de l'Orme au Charron,

à Pontault-Combault.

 

Pour venir : attention, changement d'adresse, nous sommes maintenant au 


10 rue de l'Orme au Charron

 

(plan dans le dernier article paru)

 

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Published by paac-archéologie
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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 08:00

SAT-Vue-aerienne-d-ensemble-2011-2012-1024x765-.jpgLa Société Archéologique de Touquin, association amie, fait paraître le compte-rendu des deux dernières années sur le chantier de Villarceaux :

"En 2011 et 2012, la voie dite de Meaux à Melun et un bâtiment à galerie de façade ont fait l’objet d’opérations d’archéologie programmées autorisées par la DRAC d’Ile-de-France. Ces opérations s’inscrivent dans les objectifs de l’association pour l’établissement de la carte archéologique sur une micro-région située à la frontière entre Meldes et Sénons et pour l’étude d’un territoire avec son réseau de voies et les sites qui s’y rattachent : habitats, agglomérations ou établissements ruraux.

Les opérations 2011 et 2012 avaient pour but de reconnaître les vestiges encore conservés sur le terrain et de documenter un tronçon de voie d’axe nord/sud, diverticule de la Via Agrippa. Cet axe permettrait de joindre sur un parcours court Iatinum (Meaux), cité des Meldes et Metlosedvm (Melun) agglomération de la cité des Sénons." [...]

Pour lire le compte-rendu de ces deux saisons de fouilles sur le chantier de Villarceaux, rendez-vous sur le blog de la SAT <clic> : 

SAT bannière

 

 

Crédit photo : "Photo-cerf-volant"

 

 

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Published by paac-archéologie
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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 09:24

 

Le PAAC-ARCHEOLOGIE était présent le 23 juin 2013 au FORUM DES ASSOCIATIONS de Pontault-Combault.

 

Nous y avons rencontré d'autres passionnés, petits et grands, qui ont pu tester leurs connaissances en archéologie, partager leurs expériences, se renseigner sur nos activités pour peut-être ensuite nous rejoindre...

 

Forum-associations-2013 (3)

 

Notre assemblée générale de rentrée se tiendra fin septembre, elle sera annoncée sur ce blog.

Si vous souhaitez en être averti, inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir un mail lors de la parution de l'annonce (cocher les deux cases).

 

Forum-associations-2013--5-.JPG

           En toile de fond : peintures rupestres de diverses grottes : Cosquer, Chauvet, Lascaux... par Jean-Charles.

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Published by Isabelle Boyer, Paac-Archéologie
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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 06:59

 

SAINT-SULIAC  (Ile-et-Vilaine) 

 

Saint-Suliac (2)

 

Situé dans l’estuaire de la Rance, SAINT -SULIAC  fait partie de l’association  « Plus Beaux Villages de France ». Il existe  depuis les temps les plus reculés. Un camp viking et une tour d’église fortifiée font partie de son patrimoine assez extraordinaire.

 

 


Sous la pointe de Grainfollet  se trouve une grotte. Habitée au Paléolithique, on en a retiré 6000  objets en silex, autour d’un foyer. Elle est presque comblée actuellement par des galets.

 

 


Au Néolithique les hommes ont érigé un « Doigt de Gargantua » (Gargantua a sévi même en Bretagne) qui subsiste sur le Mont Garrot. C’est le seul témoin de l’époque. Il y a eu aussi trois autres menhirs, trois dolmens et une allée couverte de 13 mètres. Ils ont disparu.

 

 


Les romains ont établi une voie et construit des villas. Ils se sont installés aussi dans la baie et ont construit un castrum appelé Gardaine.

 La ville actuelle doit son nom à  Suliac, moine gallois. En 560 il a fondé monastère, une église et un oratoire.

D’après la légende, il serait allé  en Italie, y aurait apprécié le vin. Il aurait donc fait planter des vignes sur le Mont Garrot  pour retrouver  sa boisson préférée. Le petit vignoble existe toujours !

Dans le 1er tiers du Xème siècle les Vikings installent une cité portuaire sur les ruines du castrum : une enceinte fortifiée en quadrilatère, encore visible, entourée d’un rempart de 600m. Ils pouvaient héberger 60 drakkars dans la baie. Ils contrôlaient aussi bien les accès maritimes que terrestres.


Saint-Suliac (3)

En 939 cependant, après de nombreuses défaites, ils sont retournés en Normandie.

En 1880, un ostréiculteur eut l’idée d’installer ses huîtres sur ces restants de murs. C’est alors qu’ils ont été identifiés, on a trouvé des armes en fer et des ossements d’animaux. On  nomme aussi l’emplacement  « l’Huîtrière ».


Saint-Suliac

Par exploration aérienne en 1988, on a vu que les normands avaient construit  sur les ruines du castrum romain. Les vestiges en sont visibles à marée basse, des algues soulignent le quadrilatère des  anciennes fortifications. La baie s’est envasée ensuite.


Saint-Suliac (4)

 

 

 

Saint-Suliac (1)

 

 

L’église  et  l’abbaye ont été souvent détruites par des invasions. En 1597 on a construit une église fortifiée pour protéger les habitants pendant les guerres de religion. Elle était occupée par des militaires. De la tour très haute  quadrangulaire on pouvait voir les ennemis arriver.

C’est une des rares églises bretonnes  de ce genre.

 

 

Malgré tout deux galères venant de SAINT-MALO se sont  embossées dans  la baie et les habitants du village ont été massacrés.

SAINT-SULIAC a été un port de corsaires puis de terre-neuvas, ce qui  a fait sa fortune et explique les belles maisons du bourg.

 

 

 

 

 

 

Auteur : Yvonne  Garnier 

Photos : Y. Garnier, carte IGN-Géoportail 

Références : dossiers du CRDP de Bretagne

 

 

 

 

 

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Published by Yvonne Garnier
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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 07:58

 

Souvenirs d'un voyage déjà ancien  du PAAC-ARCHEOLOGIE en Belgique, par YVONNE…

 

Spiennes 2002 2

 

 

 

… Pour la visite de la minière nous avons été accueillis par des bénévoles passionnés, puis nous avons été accompagnés sur le chantier voisin par un jeune archéologue aussi compétent.

 

 

 

 

La descente, par une échelle de 8 mètres, est certainement plus facile et mieux éclairée qu'autrefois!

 

 

 

 

Le diamètre des puits était en général de 80 cm à 1 mètre. Dans cette craie très blanche de la fin de l'ère secondaire  on dénombre 7 à 8 bancs de nodules de silex gris-noir.

 

Spiennes 2002 1 2

 

 Les carriers n'ont exploité que les deuxième et troisième couches, en commençant souvent par la troisième. Ils rebouchaient ensuite les puits avec les déblais, et ceux-ci sont très riches à étudier.

 

Spiennes 2002 4

 

Spiennes 2002 3

 

 

Au cours des siècles, les mineurs creusaient sans le savoir à côté d'une autre minière déjà exploitée, d'où beaucoup de "soupiraux", petites ébauches de galeries qui devaient permettre de voir si cela valait la peine de poursuivre plus avant.

  

 

 

Les archéologues pensent que 10 000 puits au moins ont été creusés sur 100 hectares. Les datations au carbone 14 donnent les dates d'environ 4 400 ans, 3 700 et 3 150 ans av. JC. C'est donc une exploitation qui a commencé au Vème millénaire et s'est terminée vers la fin du IVème millénaire, avec des interruptions.

 

 

On a trouvé sur le site un camp d'habitations cerné de deux fossés et d'une enceinte.

Il reste encore des milliers de pistes à suivre !

 

Textes, photographies et croquis  :  Yvonne Garnier

Pour en savoir plus  :  http://minesdespiennes.org/

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Published by YVONNE G.
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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 23:00

 

LE  MUSEE  DE  SENS

 

Suite et fin de la visite organisée par Jean-Marie Létienne, et toujours avec l'accompagnement érudit de Bernard BROUSSE, vice-président de la SOCIETE ARCHEOLOGIQUE DE SENS.

 

 

Pour clore (enfin!) le compte-rendu de cette journée, voici quelques images glanées dans le musée, elles donnent une faible idée de toutes les richesses exposées.


Pour la Préhistoire, de nombreuses vitrines témoignent du passé très ancien de la région.        

Voici seulement quelques poteries néolithiques aux formes et aux décors variés :

 

SENS 4 0

 

La période gallo-romaine a retenu notre attention  : abondance des vestiges, splendeur de la cité d'AGENDICUM...

La restitution de la façade des thermes évoque la magnificence des monuments antiques :

 

SENS 4 1

 

SENS 4 4

 

 

Les mosaïques, malheureusement en petit nombre, permettent d'imaginer le luxe des constructions et d'apprécier le savoir-faire des artisans.

 

SENS 4 2

 

Nous avons spécialement admiré la mosaïque de la Course du Soleil, évocation d'un mythe grec.  Je vous invite à visiter (ou re-visiter) le blog de Jean-Marie Létienne qui nous présente cette mosaïque avec force détails : Voici " Phaéthon, fils d'Hélios, le soleil, [qui] tente de maîtriser les chevaux effrayés de son père…"

 

SENS 4 3

 


 

Les caves de l'Archevêché accueillent les stèles mortuaires des nécropoles antiques d'Agendicum, dans une très belle et solennelle "mise en scène"  :

 

SENS 4 5

 

Je vous renvoie encore ici au blog de Jean-Marie, pour découvrir l'histoire du forgeron Bellicus, histoire déchiffrée sur sa stèle même  :


 SENS 4 6

(Cliquez sur l'image)

 


 24-SENS-Musée

Visitez l'album-photos du musée...

 

Nous vous donnons rendez-vous dans quelques mois pour la suite de cette visite dans un passé bien présent encore… A bientôt, à SENS  !

 


 

Texte : Isabelle Boyer - PAAC-ARCHEOLOGIE

Photos : J. Lentignac, I. Boyer,  avec l'autorisation des Musées de Sens

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Published by Isabelle - paac-archéologie
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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 08:00

 

 

LA CATHEDRALE DE SENS,

autres merveilles...

 

 

Terminons cette visite...


SENS 3 00 628x1000

 

 

 

 

 

 

Sous les piliers de la nef, à gauche derrière le groupe, deux monuments méritent une présentation : le monument des Salazar et le mausolée des frères Davy du Perron. Et dans une chapelle du chœur, le mausolée du Dauphin. 

 

 

 

 

 

 

 

Le monument des Salazar

 

Le monument élevé en 1515 par l'Archevêque Tristan de Salazar à la mémoire de ses parents est d'un grand intérêt : maîtrise de l'art des sculpteurs, richesse des symboles qui nous ont été commentés par Bernard Brousse...

 

SENS 3 01 606x1000

Il faudrait y revenir...

En voici une vue d'ensemble empruntée au site de l'Office du Tourisme de Sens :

 

SENS 3 02 650x992


Le mausolée des frères du Perron

 

Le mausolée des frères Jacques et Jean Davy du Perron (XVIIème siècle), qui furent tous deux archevêques de Sens, a peu retenu nos photographes :


SENS 3 03 669x1024

 

 

 

Aussi je vais vous proposer cette photo qui le met bien en valeur, elle aussi empruntée au site de l'Office du Tourisme. Effets de marbre blanc et noir, le monument aurait coûté très cher, selon  Jean Lévesque de Burigny dans sa "Vie du Cardinal du Perron" (1768) : "Il coûta huit mille livres : on y voit les figures au naturel des deux frères, à genoux, avec leurs Épitaphes..." Il témoigne du rôle important joué par ces deux personnages dans la vie religieuse, politique et culturelle de leur temps, sous les règnes de Henri III et Henri IV principalement.

 

 

 

 

 

 

 

Ce monument, du moins ce qu'il en restait (peut-être après les déprédations de la Révolution?) fut réinstallé tardivement à cet endroit de la nef puisqu'on peut lire ceci dans l'ouvrage cité plus haut, reproduit dans un article du Bulletin de la Société archéologique de Sens de 1846 :

  SENS 3 04 722x778

Voir le document 1912_N0298610_jean_perron



Je crois avoir compris d'ailleurs que le premier monument, celui de la famille Salazar, fut lui aussi déplacé et avait été élevé initialement dans une chapelle dédiée par l'archevêque à la mémoire de ses parents. Que de remaniements dans cette cathédrale au fil des siècles...

 

Le dernier monument a subi lui aussi les aléas de l'Histoire, le voici...

 


Le mausolée du Dauphin 

 

SENS 3 05 1000x749

 

Sous la voûte XVIIIème siècle présentée dans le premier article, dans la chapelle Sainte-Colombe, nous avons admiré le mausolée du Dauphin. 


 

 

SENS 3 06 656x648

 

Petit rappel : le Dauphin était le fils de Louis XV et de la reine Marie Lesczynska.
Disparu en 1765, il n'a jamais régné mais fut le père de trois rois : Louis XVI, Louis XVIII et Charles X. Ce mausolée est un monument de marbre blanc sculpté par un maître, Guillaume Coustou (1777-1746), auteur entre autres chefs d'œuvres des Chevaux de Marly et de la Diane à la biche, réalisés dans le cadre des commandes officielles pour les grands travaux de Louis XIV à Versailles. (On peut les admirer au LOUVRE...)

 

SENS 3 07 679x1024

 

Empruntée au site de l'Office du Tourisme de Sens, voici une autre vue de ce monument qui montre comme il s'intègre bien dans l'écrin de cette chapelle, bien qu'il y fût transporté très tardivement, après une histoire très mouvementée.

 

Le mausolée n'est pas un tombeau, et les restes du Dauphin, après un séjour dans une fosse commune pendant la Révolution, ont été déposés sous une pierre tombale dans le chœur.  Pour connaître les détails de cette histoire, consultez cette page du site de la Société Archéologique de Sens...


 

 

Enfin ce détail témoigne de l'art du sculpteur, sensible et naturel à la fois :

SENS 3 08 1000x666Merci au photographe!

                                                                                                     

 

  Pour terminer cette visite rapide de la cathédrale, il y aurait encore tant à dire...  Il conviendrait de reparler de la construction de la cathédrale au tout début de l'art gothique, d'observer depuis la cour du musée le magnifique portail sud, les arcs-boutants innovateurs mais encore primitifs dans leur conception. Nous y reviendrons peut-être lors d'un prochain voyage à Sens, mais pouvez dès maintenant feuilleter l'album photo de Jean.


 Emmanuel nous fournit le clap de fin :

 

SENS 3 09 1071x1600 

 


 

 

Texte : Isabelle Boyer - PAAC-ARCHEOLOGIE

Photos : Jean Lentignac, Emmanuel Colonnier, Isabelle Boyer, Office du Tourisme

Documentation : Documents et sites internet (liens dans le texte).

Article du Bulletin de la Société archéologique de Sens de 1846 : Lettres de Jean du Perron, Archevêque de Sens.

 Jean Levesque de Burigny - Vie du cardinal Duperron, Archevêque de Sens, & Grand-Aumônier de France, Paris, De Bure Père, 1768. Citation Wikipedia

 

 

 

 

A suivre : nous visiterons le musée... clic!


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Published by Isabelle - paac-archéologie
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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 16:15

 

 

Poursuivons la visite... 

 

LES VITRAUX DE LA CATHEDRALE DE SENS 

 

Ils sont d'une grande richesse, tant par l'éventail des époques de création et les techniques de fabrication que par les thèmes évoqués et les façons dont ils sont abordés.

Des jours entiers seraient nécessaires pour apprécier cette cathédrale en son entier,  mais cette courte visite nous a permis d'admirer quelques unes de ces œuvres colorées.

 

SENS 2 00

 

 

Dans le bas-côté sud, cette verrière raconte la vie très mouvementée de Saint-Eutrope, le premier évêque de Saintes. Daté de 1530, il est attribué à Jean Cousin le père, peintre, dessinateur, décorateur et graveur de la Renaissance.

 

SENS 2 0

 

 

 

SENS 2 02Voici le portrait de Saint Eutrope dans une version plus récente (1879),

on peut préférer le vitrail du XVIe siècle...

 

 

 


 

 

 


 

 

 

 

 

Admirons l'immense verrière (18 mètres de haut) du transept au-dessus du portail sud :

 

SENS 2 03

 

On y trouve décrit le Jugement Dernier avec la résurrection des morts et, muni de jumelles, vous pourrez admirer le chaudron des enfers en son centre....

 

SENS 2 04

 

Des mêmes maîtres-verriers troyens, dans ce bras du transept, voici l'Arbre de Jessé :

 

SENS 2 05Quelle splendeur!  

  

  Dans le transept nord, une autre verrière, un peu moins haute que celle qui lui fait face (histoire de hiérarchie entre la porte de l'archevêque et la porte des chanoines!) : datée de 1528, elle présente un Concert Céleste où les anges utilisent toutes sortes d'instruments de musique aux noms parfois bien mystérieux : psaltérion, flûte, tambourin, sacqueboute, triangle-sistre, cornemuse, luth, orgue positif, rebec, échiquier et mandore, pour n'en citer que quelques uns (Identifications d'après A. FIASCHI & E. BONNARDOT, document SOCIETE ARCHEOLOGIQUE DE SENS).

 

SENS 2 06

 

SENS 2 07Voici par exemple la trompette droite, la mandore, l'échiquier :

 



 

 

 

 

 

 

 

 

SENS 2 08Et encore : le tambourin à cordes...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo Office du Tourisme de Sens

 

Nous n'avons pas rapporté de photos très nettes des vitraux les plus anciens (et peut-être aussi les plus intéressants), la luminosité ce matin-là du côté nord de la cathédrale était bien faible. Dommage!

On peut évoquer, dans le déambulatoire nord, les vitraux représentant la vie de Thomas Becket (en exil en France, il séjourna à SENS en 1164). "Sous le vitrail, sa statue trouvée lors de la démolition de la maison qu'il habitait à Sens" (in Document Office du Tourisme de Sens).

 

SENS 2 09 

Plus loin dans le déambulatoire, nous avons admiré aussi sur ces vitraux du XIIIe siècle, la parabole du Fils Prodigue et celle du Bon Samaritain, "chef d'œuvre de la symbolique médiévale (Document cité ci-dessus).

 

SENS 2 10
 

Finissons par le vitrail de la chapelle du Sacré-Cœur : attribué à Jean Cousin, il représente la Sybille de Tibur et l'Empereur Auguste. Le manque de netteté de la photo laisse à peine deviner ce tableau bien dans l'air du temps de la Renaissance, mais le thème de la sybille de Tibur (et aussi des onze autres sybilles) était souvent abordé dans les vitraux depuis le XIIe siècle.

   

SENS 2 11"La légende prétend que le Sénat romain, pour récompenser l’empereur d’avoir donné la paix au monde, proposa de le diviniser. Mais celui-ci voulut d’abord demander à la Sibylle de Tibur (Tivoli) si le monde verrait naître un homme plus grand que lui.

Or le jour de la Nativité du Christ, comme la Sibylle était avec l’Empereur sur le Capitole, elle vit apparaître en plein midi un cercle d’or autour du soleil et au milieu du cercle rayonnait une vierge d’une beauté merveilleuse portant un enfant sur son sein. Et une voix se fit entendre disant : « Celle-ci est l’autel du Ciel (Hæc est ara Cœli). » " (Sources : d'après RÉAU, Louis : Iconographie de l’art chrétien, T II/1, page 420 et sq.)

 

 

Remarque : les photos de ce blog ne rendent pas justice à la magnificence des vitraux... Alors... allez les admirer à SENS! 

 

 

A SUIVRE... : clic!

Dans un prochain article, nous terminerons cette visite de la cathédrale  avant de partir pour le musée...

 

 


Texte : Isabelle Boyer - PAAC-ARCHEOLOGIE

Photos : Isabelle Boyer, sauf autres crédits mentionnés : Jean Lentignac, Emmanuel Colonnier, Office du Tourisme de Sens.

Documentation : Documents et sites internet cités dans le texte

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Published by Isabelle - paac-archéologie
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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 07:50

 

 

SENS : une ville "inconnue" de la plupart d'entre nous, que nous pouvions situer sur les cartes, que nous traversions sans nous arrêter dans nos voyages vers le sud, ville dont nous avons découvert, ce samedi 27 octobre, l'origine très ancienne et le rôle important dans l'HISTOIRE de notre pays.

Invités par Jean-Marie LETIENNE, rencontré l'an dernier lors d'une visite à CHATEAUBLEAU, à venir visiter la ville qu'il habite et qui le passionne depuis de nombreuses années, nous avons effectué le voyage, avec un programme riche en découvertes et un parcours passionnant dans la Cathédrale Saint-Etienne puis dans le musée de la ville.

Visite exceptionnelle guidée par Bernard BROUSSE, vice-président de la SOCIETE ARCHEOLOGIQUE DE SENS, qui nous a tenus en haleine toute la journée.

Nous le remercions vivement  et tenterons ici de partager quelques unes de nos découvertes.


SENS 1 00 

 

 

LA CATHEDRALE SAINT-ETIENNE

 

SENS 1 01

La cathédrale est construite sur le centre vital de la ville gallo-romaine, à l'endroit même où s'élevaient les temples dédiés à la triade capitoline. En prenant un peu de recul pour embrasser la façade dans son ensemble, nous traversons le cardo qui parcourait la cité romaine du nord au sud et qui reste inscrit dans le plan de la ville, c'est l'actuelle rue de la République.

Sur le forum d'AGENDICUM, voir le blog de Jean-Marie Létienne, une mine d'informations!

 

 

  

La cité romaine  d'AGENDICUM (ou AGEDINCUM) s'est elle-même bâtie sur la ville gauloise d'AGIEDIC, métropole des Sénons qui était déjà au début de notre ère une ville riche et importante.

N'hésitez pas, cher lecteur, à consulter le site de la HISTOIRE DE SENS VILLE D'YONNE, et aussi le blog de Jean-Marie Létienne, Sens et le Sénonais antique et médiéval, pour connaître les détails de cette histoire foisonnante!

 

Tout au long de cette visite, notre guide fera vivre ce monument au travers des siècles : construction, destructions, restaurations parfois "abusives", dérestaurations (!), ajouts et restructurations, chaque siècle apportant sa signature dans la pierre.

 

 

La façade de la cathédrale ouvre pour nous son livre d'histoire. La construction de l'édifice a commencé au XIIème siècle et les apports de chaque époque sont clairement visibles :

 

SENS 1 02

 La construction de l'édifice débute vers 1135 et durera moins d'un siècle. Cependant le Jeudi Saint 1267, la tour de pierre qui surmonte le portail Notre-Dame s'effondre, et il faudra presque quatre siècles pour la remonter, les travaux ayant fortement pâti de la Guerre de Cent Ans et des épidémies successives. Ceci explique les grandes baies du gothique flamboyant  surmontées de ce lanternon de style Renaissance.

 

 

De chaque côté du portail central se déroule une vision du monde  sculptée au XIIIème siècle. Etres inanimés ou vivants, fantastiques ou réels, hiérarchisés de la vie animale à celle de l'homme dans son quotidien, jusqu'à la vie de l'esprit, c'est un véritable livre d'images à l'intention des fidèles qu'il faut instruire :

  SENS 1 03

 

Voici par exemple, dans le calendrier des travaux des champs, les mois d'automne :

 

SENS 1 05 

 

Evocation de créatures étranges de lointains pays, voici une autruche :

 

SENS 1 04

   

Le passage des Révolutionnaires Marseillais en 1789 a laissé quelques souvenirs en creux sur ce portail Saint-Etienne, et le saint lui-même ne doit d'avoir gardé sa tête qu'au fait d'avoir été coiffé opportunément d'un bonnet phrygien. Les autres sculptures de la façade n'ont pas été épargnées, comme sur tant d'autres monuments dans le pays.

 

SENS 1 06

 

 

 

Pénétrons dans la cathédrale...


Splendeur de cet art gothique, nous sommes d'emblée émerveillés en découvrant cette haute nef.

 

SENS 1 07

 

Ici aussi se lisent dans la pierre les étapes de la construction, avec les caractéristiques très visibles de l'art roman dans les parties les plus anciennes, puis les prémices de l'art gothique, avec les colonnes doubles du gothique primitif,  puis en avançant dans la nef le gothique rayonnant puis flamboyant.

Le transept, élevé au début du XVIème sicle, est un chef d'œuvre du gothique flamboyant :

 

SENS 1 08

 

Première des cathédrales, dans l'histoire du style gothique (et très vite imitée dans toutes les autres cathédrales, Laon, Noyon, Chartres...), la cathédrale de Sens montre un certain nombre d'inventions architecturales, par exemple le triforium : " Un premier stade important de Triforium apparaissait autour de 1140 dans la cathédrale de Sens", voir Wikipedia. 

 

SENS 1 07 (2)   Détail du triforium

 

 

Pour l'observateur attentif, ce petit détail permet de dater cette partie du bas-côté du XIIIème siècle...

SENS 1 09


    
    

Les périodes récentes, Renaissance, fin de l'Ancien Régime et époque moderne laissent leur héritage dans le chœur et dans le déambulatoire.

L'art des bâtisseurs se lit dans les voûtes, chaque architecture signe son époque :

 

 SENS 1 10 Voûte romane (Photo J. Lentignac, détail) 

 

SENS 1 11

Voûte gothique

 

SENS 1 12

Voûte Renaissance

 

SENS 1 13

Voûte XVIIIème S.

 


A suivre...

   

 

Texte : Isabelle Boyer - PAAC-ARCHEOLOGIE

Remerciements à M. Bernard BROUSSE pour cette visite érudite et passionnante. Merci aussi à Jean-Marie Létienne pour ses conseils et compléments d'information.

 Photos :  Isabelle Boyer, sauf autres crédits mentionnés : Jean Lentignac, Emmanuel Colonnier, Géoportail-IGN.

Documentation : Documents pour la visite : HISTOIRE DE SENS VILLE D'YONNE 

 

 

 

 

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